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vendredi 30 juin 2017

Lettres d’un Curé à ses paroissiens

Lettres d'un Curé à ses paroissiens

Lettres d'un Curé à ses paroissiens


 
 

Lettres d'un Curé à ses paroissiens    

Nous présentons dans ces pages trois écrits du Rev. Père Louis Demornex, 
curé de Fontanaradina, Corigliano et Aulpi  de Sessa Aurunca, Province de Caserte, Italie.    

Après avoir expérimenté pendant des années, l'insuffisance du Novus Ordo Missæ et avoir assisté aux myriades d'offenses que tant de prêtres font chaque jour à notre Seigneur au cours de la Messe 
(même sans le vouloir), il s'est rendu compte que la crise que traverse la Sainte Église depuis des années est à attribuer essentiellement à l'abandon de sa liturgie millénaire.

Après une réflexion tourmentée et profonde, il a décidé de revenir à l'usage des livres liturgiques en vigueur jusqu'en 1962, 
se prévalant de l'indult perpétuel concédé par saint Pie V par la Bulle 'Quo primum tempore', 
dans la pleine conscience des problèmes énormes et presque insolubles au-devant desquels il allait, 
par amour du Christ, de la Sainte Église et des âmes de ses paroissiens.

Pour faire comprendre le vrai sens de sa décision, il a adressé à ses paroissiens les trois lettres que nous publions ici, 
comme un résumé de ses douloureuses réflexions. 
De ces dernières il a fait part à son évêque, n'en recevant en retour qu' incompréhension et représailles disciplinaires; 
il a alors pensé de soumettre sa décision à l'examen du Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 
le Card. Ratzinger, dont il a reçu compréhension et soutien spirituel.
Son cas est encore en attente d'une solution satisfaisante, et lui-même, après une période d'éloignement, 
se trouve maintenant à nouveau dans sa paroisse.

Notre souhait est que le Père Louis devienne un exemple pour beaucoup de prêtres qui, tout en partageant ses réflexions, estiment qu'il est impossible d'assumer des positions courageuses. 
Nous pensons ne pas exagérer en affirmant que les temps sont mûrs pour opérer un changement de direction, 
et à Rome surtout, on n'attend que des signes qui viennent de la base, 
comme c'est malheureusement d'usage depuis trente ans d'après Concile.


 

(Présentation faite par la revue de la Tradition 'Inter Multiplices Una Vox', via C. Battisti, 2, 10123 Turin, Italie, 
de septembre 2000 - adresse internet: www.unavox.it/doc24.htm).



PREMIÈRE  LETTRE     

POURQUOI REVENIR A LA MESSE DE SAINT PIE V ?

 Le motif déterminant est la question des Fragments consacrés qui sont profanés en beaucoup de manières.
1) À la distribution de la communion:
     - sans le plateau, les Fragments tombent sur le communiant ou par terre et sont foulés aux pieds, balayés, dispersés.
     - Quand l'Hostie est donnée dans la main, il en reste des Fragments sur les mains du communiant (pourquoi jusque dans 
         les années 60, était-ce un sacrilège de toucher le Très-Saint Sacrement, et aujourd'hui, c'est un acte de dévotion ? Où est 
         la vérité ?).
    - ne parlons pas de la façon dont certains tiennent l'Hostie ou l'emportent pour différents motifs.

2) Après la communion, le Prêtre:
    - Ne se purifie plus les mains, ou bien les lave, mais jette l'eau.
    - Grande négligence dans la façon de purifier la patène ou le ciboire avec le purificatoire, de sorte que les Fragments restent 
        attachés à l'étoffe et dispersés.

Tout ceci fait penser à une femme qui jette le fruit de son enfantement dans les immondices.

Ces manières de faire étaient autrefois considérées comme sacrilèges. Pourquoi plus maintenant ?

I. Ou ils ne croient pas que chaque Fragment est Jésus-Christ entier et sont donc hérétiques.
II. Ou ils y croient et par là sont sacrilèges.

Nous, catholiques, croyons à la 'transsubstantiation', terme qui signifie le passage d'une substance à une autre. Par exemple, si le plomb devenait de l'or, il changerait sa substance en celle de l'or, de Pb il deviendrait Au, évidemment au niveau de l'atome, c'est à dire, de l'infiniment petit. Tout le monde sait qu'un milligramme d'or ou un quintal d'or, c'est toujours de l'or.
C'est ce qui se passe à la Messe, lors de la consécration: de la substance du pain, on passe à la substance du Corps du Seigneur, et la science nous aide justement à comprendre qu'un tel passage advient au niveau de l'infiniment petit.
C'est là la foi qu'a toujours gardée l'Église catholique. Dogme de foi qu'on ne pourra jamais changer parce que le dogme est l'éternelle Vérité révélée.
Comment peut-on alors justifier des nouveautés aussi négatives ? D'où est venue une manière de faire aussi irrévérente, sinon d'un rite qui conduit à ce triste résultat ?
Voilà pourquoi j'ai dû m'éloigner d'un rite qui, de tant de manières, profane le Très-Saint Sacrement (communion sur la main, tabernacles déplacés et oubliés, l'Eucharistie dans la main de tous les 'ministres extraordinaires', hommes et femmes, rite de la messe inventés, inculturés, etc…)
Il est absolument impossible de suivre une telle anarchie et  prétendre en même temps refléter la foi catholique constante. Un choix s'impose donc : repousser toutes ces nouveautés, pour l'amour de la Vérité, de l'Eucharistie, de l'Église, de vos âmes qui ont droit au salut par le moyen de la grâce.

Vous vous demanderez pourquoi je suis arrivé aussi tardivement à ces conclusions. J'ai cherché à communiquer la foi catholique à travers ce nouveau rite, j'ai essayé pendant deux ans de dire la Messe face au peuple dans l'espoir d'exprimer même ainsi la foi catholique. Mais la Messe face au peuple devient par la force des choses offrande au peuple, dans sa langue, avec ses chants. Elle devient un banquet, un repas de fête fraternel, une assemblée chaleureuse, dynamique, joyeuse, pour le partage, en somme une chose de la terre. J'ai assisté à certaines célébrations si joyeuses et pleines d'entrain, que vraiment, même si elles sont sympathiques, il est impossible d'y voir, renouvelé, le drame terrible du Calvaire.

Nous avons donc affaire à deux réalités totalement différentes:
A- La Messe officielle actuelle qui ressemble à un banquet, à une communion fraternelle entre les présents pour prier 
     ensemble en faisant mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples, par quoi Jésus est présent spirituellement au 
     milieu des fidèles. (art. 7 du Missel Romain).Ce rite étant adressé aux fidèles, il est logique qu'on dise à haute voix, dans 
     une langue compréhensible, au besoin en dialecte, un texte souvent inventé ou improvisé, variable selon le lieu, l'heure, la 
     saison, l'âge des présents, leur qualité. Ne parlons pas de la musique !

Mais êtes-vous bien sûrs que dans toutes ces variations, caprices, évolutions, improvisations, fantaisies, soit toujours exprimé intégralement le dogme, la Vérité catholique ? Êtes-vous sûrs d'en recevoir la plénitude de la grâce qui nous vient du rite parfait défini par l'Église à l'occasion du Concile de Trente ?
De cette anarchie, désordre, créativité, confusion liturgique, découle tout naturellement la confusion spirituelle du peuple chrétien qui s'est créé une religion de commodité : on entre dans l'église en vêtements indécents, on bavarde sans vergogne devant le Saint Sacrement sans même une génuflexion, un salut, comme s'il n'existait pas. Et surtout on prend l'Hostie dans la main comme si c'était un morceau de pain, sans se soucier de recueillir les Fragments, sans s'être confessé, tout le monde communie sans aucune discipline morale et spirituelle, souvent en état de péché mortel, dont on dit d'ailleurs qu'il n'existe plus. Que de surprises devant le tribunal de Dieu ! Il y a de quoi frémir.
Le fait que même des protestants, surtout de tendance anglicano-calviniste (autel face au peuple) célèbrent selon le rite de cette Messe, démontre qu'il n'exprime plus le dogme catholique. 
Ecoutez ce que dit Luther de la Messe catholique : « J'affirme que tous les bordels, les homicides, les vols, les adultères sont moins mauvais que cette abominable Messe…» (Sermon du 1er dimanche de l'Avent). « Quand la Messe aura été renversée, je pense que nous aurons renversé toute la papauté» (Traité contra Henricum).

Dans sa lettre au Saint Père Paul VI, le Cardinal Ottaviani, Préfet du Saint Office, (ce n'est pas à un analphabète qu'on a confié cette responsabilité !) dit à propos de la nouvelle Messe : « Le nouvel Ordo Missæ représente dans son ensemble comme dans les détails, un impressionnant éloignement de la théologie de la Sainte Messe, telle qu'elle fut formulée dans la session XXIIème du Concile de Trente… » et fait suivre un bref examen critique auquel on n'a jamais répondu.

B ? La Messe catholique, qui est le renouvellement non sanglant de l'unique sacrifice du Calvaire, où Jésus par la main du prêtre, s'offre à Dieu le Père pour obtenir le pardon des péchés des vivants et des morts, est le mystère terrible de cette Victime divine et éternelle qui renouvelle l'expression de sa compassion pour l'humanité ruinée, corrompue, attirée par le mal plus que par le bien, exclue du Paradis, en proie à sa malice propre et à celle du démon.
La Messe catholique est donc la supplication, l'offrande du Rédempteur pour les hommes, du Rédempteur qui se fait péché pour laver dans son Sang nos péchés.
Cette Messe doit être suivie avec respect, dans un profond silence, une pieuse contemplation de tout le cœur qui s'unit à l'action de son Rédempteur fait péché devant le juste Juge dont l'examen est sans défaut, et intercédant pour nous obtenir le pardon.
Jésus dit au Père : « Père ! Considère cette parfaite adoration, cette parfaite réparation que je t'offre par mon Sang très pur tiré d'une Vierge, pour être purification des péchés du monde. Considérant mon Sang, mon amour, ma douleur, ma prière, pardonne leur, oublie leurs péchés. Ne regarde que moi qui T'aime d'un amour éternel, parfait, infini, qui les aime plus que ma vie même, qui te les ai rendus précieux parce que rachetés par mon Sang divin. »
Et nous, spectateurs adorants de cette intercession, nous devons unir nos cœurs au Cœur de Jésus qui parle pour nous, en notre faveur. Laissons-Le parler avec les mots et les gestes que l'Église a défini et canonisé au cours des siècles.

Voici quelques documents de l'Église relatifs à la Messe :
- Concile de Trente : décret et canon sur la Messe

Chap 4 : le canon de la Messe : 
« Puisque les choses saintes doivent être administrées saintement, et que, entre toutes, ce Sacrifice est la chose la plus sainte, l'Église catholique, pour qu'il puisse être offert et reçu dignement et avec respect, a établi depuis des siècles le sacré canon, tellement pur de toute erreur, qu'il ne contient rien qui n'exhale au plus haut point un parfum de sainteté et de piété, et n'élève à Dieu l'esprit de ceux qui l'offrent. Il est en effet composé soit des paroles mêmes du Seigneur, soit des traditions apostoliques ou de ce qu'ont pieusement établi les saints Pontifes. » n°1745.
Le culte d'adoration, l'offrande du Sacrifice est donc une chose définie par l'Église, depuis toujours ; il ne peut être ni modifié, ni altéré, ni prohibé.

- De la Bulle 'Quo primum tempore' de saint Pie V, du 14 juillet 1570 :

« Il convient par dessus tout qu'il n'y ait qu'un seul rite pour célébrer la Messe. … Nous avons jugé qu'il fallait confier cette difficile  mission à des hommes de doctrine élevée… Ils ont rétabli le Missel dans sa forme antique selon la norme et le rite des saints Pères.
«La Messe ne pourra pas être chantée ni récitée d'une autre manière que celle qui est prescrite par l'ordonnance  du Missel que Nous avons publié …
«Par Notre présente Constitution, valable à perpétuité…Nous décidons et commandons, sous peine de Notre indignation, que rien ne pourra jamais être ajouté, retranché, ou changé au Missel, que nous venons de publier…
«En vertu de l'Autorité Apostolique, Nous accordons à tous les prêtres, aux termes de la présente, l'indult perpétuel de suivre, en règle générale, dans quelle église que ce soit, sans aucun scrupule de conscience ou risque d'encourir aucune peine, jugement ou censure, ce Missel dont ils auront la pleine faculté de se servir librement et licitement, de telle manière que Prélats, Administrateurs, Chanoines, Chapelains et tous les autres Prêtres séculiers, quelque soit leur grade, ou les Réguliers, à quel Ordre qu'ils appartiennent, ne soient pas tenus de célébrer la Messe d'une autre manière que celle que Nous avons prescrite,  et que par ailleurs, nul ne puisse les contraindre ou pousser à changer ce Missel…
«De même Nous décrétons et déclarons qu'en aucun temps les présentes Lettres ne pourront être révoquées ou diminuées, mais établies pour toujours et toujours valides elles devront garder toute leur force…
«Que personne donc, et en aucune manière, ne se permette avec une audace téméraire de violer et transgresser Notre document : faculté, statut, ordonnance, mandat, précepte, concession, indult, déclaration, volonté, décret et inhibition. Si quelqu'un a l'audace d'y porter atteinte, qu'il sache qu'il encourt l'indignation de Dieu Tout-Puissant et de ses bienheureux Apôtres Pierre et Paul ».
Donc, comme vous l'avez lu, le rite célébré est un rite très ancien confirmé par un usage immémorial, canonisé par le Concile de Trente et par St Pie V et beaucoup parmi vous s'en souviennent encore.

- Extrait du Droit Canon

Ancien Code
Titulus XII - De delictis contra religionem
Can.2320 ? Qui species consecratas abiecerit vel ad malum finem abduxerit aut retinuerit, est suspectus de hæresi; incurrit in excommunicatio-nem latæ sententiæ specialissimo modo Sedi Apostolicæ reservatam ; est ipso facto infamis, et clericus præterea est deponendus.
(Qui aura profané les espèces consacrées ou les aura emportées ou gardées pour une fin mauvaise, est suspect d'hérésie. Il encourt l'excommunication 'latæ sententiæ' réservée 'specialissimo modo' au saint Siège ; le coupable est ipso facto infâme et en outre, s'il est  clerc, il doit être déposé.)
Le nouveau code : 
can. 1367 ? Qui species consecratas abicit aut in sacrilegum finem abducit vel retinet, in excommunicationem latæ sententiæ Sedi Apostolicæ reservatam incurrit ; clericus præterea alia pœna, non exclusa dimissione e statu clericali, puniri potest.
(Quiconque profane les espèces consacrées, ou bien les emporte ou les conserve dans un but sacrilège, encourt l'excommunication latæ sententiæ réservée au Saint Siège ; le clerc peut en outre être puni d'une autre peine, non exclue la destitution de l'état clérical.)
Qui croira qu'avec la pratique actuelle de la communion dans la main, on peut appliquer ce canon ? Combien de prêtres et d'évêques seraient excommuniés de l'Église Catholique.
Les faits sont les faits, et contre les faits, les arguments ne valent rien.
Il est vrai qu'ils ne jettent pas les Fragments avec une intention mauvaise, mais ils savent pourtant que les Fragments tombent, ils savent que chacun d'eux est Jésus dans le Saint Sacrement.
Que diriez-vous d'une mère qui jetterait son enfant par la fenêtre sans méchanceté, sans le vouloir? Si elle n'est pas criminelle, elle est folle !

L'horreur, la haine, la détestation absolue de la Messe tridentine a quelque chose qui dépasse l'entendement et ne peut s'expliquer par des motifs pastoraux. 
Cette Messe est pour les modernes un cauchemar, un péché mortel qui fait songer aux réflexions hautement 'théologiques' de Luther : « Quand la Messe aura été renversée, je suis convaincu que nous aurons renversé avec elle tout le papisme. En effet le papisme tout entier, avec ses monastères, ses évêchés, ses collèges, ses autels, ses ministères et ses doctrines, en un mot, avec toute sa panse, repose sur la messe comme sur un rocher. Tout cela croulera fatalement quand se sera écroulée leur Messe sacrilège et abominable. Je déclare que tous les bordels, les homicides, les vols, les assassinats et les adultères sont moins mauvais que cette abomination qu'est la Messe papiste. » (Pour qui a l'obsession de revaloriser Luther !)
Comment expliquer ce fanatisme contre la sainte Messe ?

Ils l'appellent 'nostalgie du passé'.
Mais est-ce qu'un rite

- fait selon 'la norme et le rite des saints Pères', c'est à dire des premiers siècles de l'Eglise,
- qui a sanctifié l'Eglise pendant des siècles, et a été célébré par les plus grands saints,
- qui reflète l'éternel présent de Dieu, c'est à dire sans passé ni futur, toujours identique a lui-même,
- réglé par une norme coutumière à laquelle s'ajoute une loi écrite, le tout approuvé par des actes infaillibles,
- universellement célébré dans sa langue sacrée et 'établi depuis un grand nombre de siècles',
est-ce que ce rite, dis-je, peut être l'objet d'un goût (nostalgie) ou dégoût personnel ? 

Ces sentimentalismes et préférences sont la caractéristique du protestantisme, religion créée par la fantaisie et l'orgueil de l'homme, non révélée d'en Haut. 

Ils l'accusent de 'fixisme liturgique'
En vérité, on devrait admirer sa 'stabilité' tout au long des siècles, chose non pas humaine mais divine, preuve de sa perfection.
Ils n'ont sûrement pas le sens de l'humour, ces 'instables' qui, sous prétexte de participation, de compréhension de la part du peuple, se servent de termes scientifiques tels que 'mise à jour continue', 'inculturation', 'approfondissement', 'formation permanente', 'kérygme', 'eschatologie' etc…etc… donnent libre cours à toutes leurs manies personnelles de nouveautés, prenant pour loi ce qui n'est que le caprice du moment.
Quand une communauté condamne son propre passé et appelle nostalgiques ceux qui l'aiment encore, il est certain qu'un jour ou l'autre, cette communauté reniera son présent.
Ainsi font les instables : pour cacher leur fragilité, ils sont toujours en recherche, ils écrivent des livres autorisés, ils font de savants raisonnements, mais le vrai mobile est toujours le besoin d'une continuelle fuite en avant, effet d'une instabilité caractérielle, du désir d'être précurseurs, de l'ambition de réécrire l'histoire en la corrigeant, de sorte qu'à la fin ils agissent « etsi Deus non daretur », « comme si à la Messe, il importait peu qu'il y ait Dieu qui nous parle et qui nous écoute. » (Card. Ratzinger : Ma vie).

Voici enfin la dernière trouvaille : la communion dans la main. Cette fois la chose devient grave. Il s'agit bel et bien de profanations. La foi, la piété chrétienne, le Droit Canon nous le disent.

On voit qu'ils ne savent plus ce qu'est la Majesté de Dieu. 
Ils célèbrent avec conviction, parfois avec dignité, mais c'est un rite personnel où la communauté s'offre elle-même un vain culte. 
« Soyez de bons acteurs » disait récemment l'évêque de B. à ses prêtres. 
Il est vrai qu'au théâtre, les acteurs cherchent à captiver et émouvoir les spectateurs, sinon quels acteurs seraient-ils ? 
On crée donc une communion, on transmet un message. On est tellement préoccupé par la recherche de la communication d'homme à homme (sumpaqeia), qu'on en oublie par distraction, la dimension verticale du Sacré.
Le prêtre s'essouffle à courir au peuple, il doit plaire au peuple, il a besoin du peuple, il ne peut célébrer sans le peuple.
D'autre part, il a pris la place qui était autrefois celle de Dieu, montrant ainsi sa soif de pouvoir, son désir de paraître, de présider, de commander, de se mettre en valeur.
Et chacun juge à sa manière : « Comme il célèbre bien ! », « Il n'en finit pas ! », « Au moins celui-là fait vite! », « Pour moi, la Messe ne me dit rien! »… On en entend de toutes les couleurs, autant qu'il y a de rites et de fantaisies du 'président'.
« Si le sel perd sa saveur… il n'est plus bon qu'à être jeté dehors et foulé au pied par les passants. » (Mat.5,13). Le sacerdoce est foulé au pied en même temps que la Sainte Eucharistie, car aujourd'hui les laïcs ordonnent: « Donne-moi l'Hostie dans la main, j'y ai droit !». Le prêtre est donc contraint par le laïc à une profanation.

Vous me direz qu'ils sont tous d'accord. Certes, mais dans l'anarchie.
Vous me direz qu'ils sont tous ensemble. Certes, mais la majorité ne fait pas la Vérité.
L'un court devant, l'autre traîne, l'un pousse et l'autre freine, un autre adopte sans y penser la trouvaille du jour, pourvu qu'elle lui convienne. Du rite local de la Messe au répertoire des chants, local lui aussi, on a une foison de cérémonies disparates, toutes plus recherchées les unes que les autres, une vraie Tour de Babel. Chaque paroisse devient un ghetto avec ses rites, ses chants, ses usages…
Comme dans l'œcuménisme : unité dans la diversité : tous frères, dans la confusion.

L'Église Catholique dit au contraire : Unité dans la Vérité. 
La stabilité liturgique, l'uniformité des rites modèle chaque prêtre comme un moule unique, uniforme, fait dans les temps antiques, transmis et conservé intact par l'Autorité.
Le prêtre s'anéantit dans le rite, car en lui, c'est l'Église qui célèbre. On est sûr alors que le dogme est transmis, vécu, la grâce présente et efficace. (Les deux plus grands miracles eucharistiques (Lanciano et Bolsena) où l'Hostie s'est changée en chair et le vin en sang, sont arrivés à des prêtres qui n'y croyaient pas !).
En tous lieux de la Terre, le sacrifice est unique, unique la langue, unique le chant, et par conséquent unique la maison où se retrouvent tous les catholiques, frères dans la vérité, dans la vraie adoration, dans la célébration d'un rite pur, saint, complet, inspiré par Dieu, agréable à Dieu, âme de l'Église, lumière des cœurs. Rite qui n'a rien d'humain, totalement dépouillé d'éléments ou tonalités terrestres.
« Fixisme » veut dire : stabilité, solidité, éternité, vérité, sûreté.

Lorsqu'au Russicum (Rome), le Recteur proposa de chanter en italien l'épître et l'Évangile, les Romains se chargèrent d'imprimer les textes en italien pour les fidèles, pourvu que les textes fussent chantés en slavon.
Il ne me semble pas que dans d'autre rites, il existe un mouvement liturgique du tipe latin, c'est à dire œcuménico-évolutionniste manipulé par la base et imposé à l'Autorité.
Il est bien clair, de toute façon, que cette mentalité n'a rien de catholique. La rupture est évidente, d'abord dans la mentalité et puis dans les faits. « La promulgation de l'interdiction du missel qui s'était développé au cours des siècles, dès l'époque des sacramentaires de l'Église antique, a apporté une rupture dans l'histoire de la liturgie, dont les conséquences ne pouvaient qu'être tragiques… » « Je suis convaincu que la crise ecclésiale où nous nous trouvons aujourd'hui, dépend en grande partie de l'écroulement de la liturgie » « La réforme liturgique, celle voulue par Paul VI et réalisée avec la contribution et la satisfaction de théologiens protestants, a produit des dommages extrêmement graves pour la foi ». Card. Ratzinger :Ma vie)

Il est probable aussi que la crise mondiale dépende de l'abolition du sacrifice perpétuel. In effet, pendant la même période (années 70) : 
   -Environ cent mille prêtres et évêques ont abandonné le sacerdoce.
   -Nous avons eu les lois sur le divorce et l'avortement (en avril 1997, nous avons dépassé le milliard de morts par 
      avortement, plus de victimes que dans toutes les guerres de l'histoire humaine, et puis on prétend que la peine de mort a 
      été abolie !)
   -Les brigades rouges et le terrorisme.
   -La drogue.
   -Le satanisme.

« Dès maintenant le mystère d'iniquité est à l'œuvre. Mais que seulement celui qui le retient soit d'abord écarté, alors l'Impie se révélera » (IITess. 2,7-8)

Serait-ce cette réforme la cause de cette apostasie ? 
Serait-ce le Sacrifice de la Messe, l'obstacle qui retenait l'adversaire ?

« Chers fils et chères filles, nous voulons encore une fois vous inviter à réfléchir sur cette nouveauté que constitue le nouveau rite de la Messe qui sera utilisé dans la célébration du saint Sacrifice à partir de dimanche prochain 30 novembre, premier dimanche de l'Avent. Nouveau rite de la Messe ! C'est un changement qui touche une vénérable tradition multiséculaire (…) Ce changement porte sur le déroulement des cérémonies de la Messe. Nous constaterons peut-être avec un certain regret, qu'à l'autel, les paroles et les gestes ne sont plus identiques à ceux auxquels nous étions tellement habitués que nous n'y faisions presque plus attention. (…) Nous devons nous préparer à ces nombreux désagréments ; ils sont inhérents à toutes les nouveautés qui changent nos habitudes… »
« Les prêtres qui en privé, célèbrent en latin (…) peuvent, jusqu'au 28 novembre 1971, utiliser soit le Missel Romain, soit le nouveau rite. S'ils prennent le Missel Romain, ils peuvent…etc. S'ils utilisent le nouveau rite, ils doivent suivre le texte officiel…etc. » (Paul VI : allocution à l'audience générale du 26 novembre 1969).

Rite moderne donc, opposé au rite romain antique.




 
 

DEUXIÈME  LETTRE     

RÉFLEXIONS ET COMPARAISONS ENTRE LES DEUX MESSES

   

La Messe catholique

(du catéchisme de saint Pie X)

La sainte Messe est le sacrifice du Corps et du Sang de Jésus-Christ qui sous les espèces du pain et du vin, est offert par le prêtre à Dieu sur l'autel en mémoire et renouvellement du sacrifice de la Croix.      

- Il s'agit d'un vrai sacrifice ou immolation du Corps et du Sang du Seigneur Jésus.

- Le prêtre est le sacrificateur de la victime offerte pour les péchés du monde. C'est le Christ qui dans la personne du prêtre, s'offre à Dieu le Père pour expier nos péchés et nous racheter du mal.

- La présence du Seigneur est réelle et substantielle sous les espèces eucharistiques indépendamment de la présence du peuple.

Pratiquement:

- Affirmation de la présence du Corps, du Sang, de l'Âme et de la Divinité de notre Seigneur Jésus-Christ sous les apparences du pain et du vin, c'est à dire que la substance du pain et du vin est transformée dans la substance du Corps et du Sang du Seigneur.

- Affirmation du sacerdoce ministériel, c'est à dire que le prêtre est consacré par un caractère indélébile pour être pour l'éternité, un autre Christ, pour permettre au Christ dans sa personne et à travers sa personne, de bénir, d'absoudre les péchés et de consacrer le pain et le vin.  

- La Messe est valide et justifiée même si elle dite par le prêtre seul, car le Christ dans le prêtre, consacre les Espèces Eucharistiques et s'offre au Père comme victime pour nos péchés en renouvelant le sacrifice du Calvaire où seul et abandonné, il s'immolait pour nous.

La nouvelle Messe

(Institution générale du Missel Romain, n°7)

La cène du Seigneur, ou Messe, est la sainte assemblée ou réunion du peuple de Dieu qui se réunit sous la présidence du prêtre pour célébrer le mémorial du Seigneur. C'est pourquoi, en ce qui concerne la réunion locale de la sainte Eglise, vaut d'une façon éminente, la promesse du Christ :  « Là où se trouvent deux  ou trois personnes réunies en mon nom, je me trouve au milieu d'elles » (Mt 18,20).

- Il s'agit d'une réunion du peuple.  

- Le prêtre est le président d'une assemblée pour diriger la réunion. Il est en tout égal aux fidèles (acte pénitentiel du début et rite de la communion commun au prêtre et aux fidèles).

- La présence du Seigneur est purement spirituelle, rendue possible par la réunion du peuple, donc inexistante sans le peuple.

 Pratiquement:

- Négation implicite de la présence réelle du Seigneur dans les Espèces Eucharistiques. Affirmation de sa simple présence spirituelle dans le peuple.    

- Négation du sacerdoce ministériel, en faveur d'une fonction de présidence pour diriger une assemblée. (Dans le nouveau langage, le prêtre ne célèbre pas la Messe, il préside la Messe,. Et j'ai su d'un vieux père capucin, présent à une ADAP,  qu'il lui fut interdit de dire la Messe, car un laïc présidait déjà l'assemblée)

 - La Messe n'a aucun sens en absence du peuple, lequel est nécessaire pour assurer la présence (spirituelle) du Seigneur.


 

Si les mots ont un sens, on ne peut pas ne pas remarquer à première vue, toutes ces différences. Et puis, si ce n'était pas l'intention du Rédacteur de donner un tel sens à ses paroles, c'est à dire de modifier totalement la doctrine catholique de la saint Messe, qu'il retourne à l'école primaire pour apprendre à s'exprimer.
Mais vu que le rédacteur était intelligent, il est clair qu'il a voulu exprimer sa pensée et sa foi en des termes sans équivoque.
Par la suite on a rédigé une autre définition de la Messe, moins hérétique, mais on n'a pas changé la réalité du nouveau rite.
C'est comme si un architecte faisait le plan d'une maison. Après la construction, s'apercevant qu'elle ne tient pas debout, il se contente de changer le plan, sans modifier la maison.

Ecoutons la voix des protestants, en ce cas, bien plus illuminés que les catholiques :

Luther à propos du rite catholique :

« Je déclare que tous les bordels, les homicides, les assassinats et les adultères sont moins mauvais que cette abomination qu'est la messe des papes. »
Les protestants d'aujourd'hui à propos du nouveau rite :
Max Thurian, (de la communauté protestante de Taizé, un des six pasteurs qui ont participé à la rédaction du nouveau rite. 
                           'La Croix' du 30 mai 1969) - « Un des fruits du nouvel Ordo sera peut-être que les communautés non 
                           catholiques pourront célébrer la sainte cène avec les mêmes prières que l'Eglise catholique. C'est 
                           théologiquement possible. »
Siegevalt, (professeur à la faculté protestante de Strasbourg. 'Le Monde' du 22.11.1969) - « A présent, dans la Messe 
                     renouvelée, il n'y a plus rien qui puisse vraiment troubler le chrétien évangélique.»
S.A. Teinone, (théologien luthérien. 'La Croix' du 5.05.1972) - « La plupart des réformes voulues par Luther existent 
                            dorénavant à l'intérieur même de l'Eglise catholique… Pourquoi ne pas nous réunir ? »

Qui ne veut pas voir et comprendre, est déshonnête.
Ce qui nous intéresse, ce n'est pas ce qui plaît ou déplaît; l'important c'est la Vérité, c'est à dire la communion avec Dieu. Créer un rite qui plaît, mais qui est faux et hérétique, veut dire battre l'air dans l'illusion de pétrir le pain. C'est une injure envers Dieu et une trahison envers les fidèles catholiques.  

On parle d'obéissance.
Mais si quelqu'un me présente un caillou et me dit que par obéissance, je dois croire que c'est un pain, je puis le croire par ignorance, par peur, par 'je-m'en-foutisme', mais cela n'empêche que c'est un caillou.
L'obéissance dans l'Église est une arme meurtrière, si elle est mal interprétée, car toute la vie de l'Église est basée sur l'obéissance, l'Église étant une société monolithique construite sur Pierre.
Le premier obéissant doit être le pape qui ne doit pas s'écarter de la vérité.

« Aux successeurs de Pierre, l'Esprit Saint n'a pas été promis pour qu'ils manifestent, par sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour que, avec son assistance, ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c'est à dire le dépôt de la foi. » (Concile Vatican I).
Si par hypothèse le pape s'éloignait de la vérité, vue la mentalité catholique, avec tant de facilité, il emmènerait à sa suite toute l'Église hors de la vérité.
Or entre les deux différentes définitions de la Messe, et à partir du commentaire logique et de celui, consécutif, des protestants, il ressort claire-ment que le nouveau rite s'est éloigné de la doctrine catholique de la Messe.
Nous ne jugeons pas ici les intentions, nous regardons les faits, et contre les faits, les argumentations et les intentions ne valent rien.
Pas plus que ne nous intéressent les justifications des novateurs à propos d'une présumée plus grande richesse de contenus des nouveau livres liturgiques.
Par obéissance, on est passé d'une réalité de la Messe, catholique, dogmatique, canonisée, à une réalité protestante.
Peut-on appeler pain un caillou, uniquement par obéissance ?
Peut-on suivre un rite réformé uniquement parce que l'Autorité l'a commandé ? C'est trop facile ! Demandons alors aux protestants de redevenir catholiques au nom de l'obéissance !
Peut-on appeler Messe catholique, une nouvelle Messe si éloignée de la définition qu'en a donné le Concile dogmatique de Trente et tellement approuvée par les protestants, sous prétexte qu'elle a été imposée d'En Haut ?
La première règle de l'obéissance, c'est la divine volonté, dit saint Thomas, et la seconde, c'est la volonté des supérieurs dans la mesure où ils adhèrent au Christ. C'est pourquoi, c'est un devoir de reprendre les supérieurs lorsqu'il y a un danger pour la foi. En ce cas les supérieurs devraient être repris par leurs inférieurs même publiquement. C'est ce qui ressort de la manière de faire de saint Paul envers saint Pierre. (Summa Theologiae, II-II,q.33,a.4,ad 2m).
 

On dit qu'il suffit de prier avec dévotion.
Mais beaucoup de protestants, musulmans ou bouddhistes prient avec une sincère dévotion et cela ne veut pas dire que leur culte soit vrai. « Les dieux des païens sont des démons. » (Ps.95)   

On dit que tout le monde fait comme ça.
Jésus, pour avoir affirmé la vérité, s'est retrouvé tout seul devant Pilate et il n'empêche que Lui tout seul avait raison.

En somme quand on dit que le nouveau rite de la Messe représente, autant dans son ensemble que dans ses détails, un impressionnant éloignement de la théologie catholique de la sainte Messe, telle qu'elle fut formulée durant la session XXII du Concile de Trente, il ne s'agit pas de l'opinion personnelle de quelque vieux Cardinal traditionnel arriéré, mais bien de la foi de toute l'Eglise exprimée par ce Concile dogmatique. Si ensuite, quelqu'un voulait s'en éloigner, il est tout à fait libre de le faire, mais qu'il ne s'appelle plus catholique pour ne pas confondre les fils de l'Eglise.
Peut importe celui qui a écrit cette définition, ce qui nous intéresse c'est la vérité sur la Messe.  

Quelqu'un dit que les deux rites sont équivalents. C'est comme si on disait qu'un violon et une guitare, c'est la même chose.
Demandez au grand Paganini de jouer le 4ème concerto brandebourgeois avec l'archet sur une guitare et vous m'en direz des nouvelles !
Demandez à  un prêtre sérieux de célébrer le sacrifice du Calvaire avec cet instrument protestant qu'est le nouveau rite (anglicano  calviniste), forgé uniquement pour rappeler la cène du Seigneur, et vous en tirerez peut-être bien une Messe, mais vraiment tirée par les cheveux.
Mais supposons qu'elles soient équivalentes (ce qui est nié par la théologie autant catholique que protestante), pourquoi alors inventer un nouveau rite lorsqu'on en a un déjà tout fait, à l'épreuve de l'histoire et de la théologie ?
Lorsqu'on suit la nouvelle définition de la Messe - et même les théologiens protestants confirment que le contenu correspond à la définition ? on ne fait plus ce que faisait l'Église catholique, et alors nous faut-il conclure que le sacrifice perpétuel a été aboli?  

En somme :
     - Si pour la validité de la Messe, il faut faire ce que fait l'Église,
     - Et si l'Église d'aujourd'hui ne fait plus ce que faisait l'Église d'hier et de toujours,
     - Faut-il en conclure que dans la Messe d'aujourd'hui il n'y a plus de validité ?
La validité de la Messe dépend alors de la foi personnelle du 'président' et beaucoup de présidents d'après les défauts énumérés plus haut, démontrent une diminution de la foi et quelques uns n'y croient plus (40% en France), surtout le jeune clergé qui a grandi dans la nouvelle mentalité.

Qu'ensuite il y ait une diminution de la foi, c'est un phénomène évident :
   - le très Saint Sacrement, dans le tabernacle, était au centre de nos églises, sur le maître-autel, où il trônait, objet immédiat 
     d'adoration pour quiconque entrait. Aujourd'hui Il a été déplacé, et parfois on ne sait même plus où ils L'ont mis, ou Il est 
     installé d'une façon tout à fait indécente ! (Je l'ai vu au milieu des balais et serpillières dans une boîte à chaussures en 
     carton, dans un réduit). La place centrale est réservée à la table.
   - laquelle table n'est plus un autel avec les reliques des martyrs, mais une simple table.
   - on dit la Messe face au peuple à la manière des calvinistes et des anglicans, et non plus tournés vers l'orient (où se lève le 
     soleil, symbole du Christ ressuscité), ou vers le tabernacle.
   - on encense le Saint Sacrement comme les statues ou le peuple : 3x2, au lieu de 3x3 comme auparavant.
   - on n'encense plus à la Consécration de la Messe, alors qu'on encense la table, les statues et le peuple.
   - on ne fait plus, la génuflexion après les paroles de la consécration avant l'élévation. On doute peut-être  que les paroles 
     prononcées par le prêtre soient efficaces ? On présente l'Hostie au peuple et le peuple consacre en même temps que le prêtre 
     (sacerdoce commun du 'président' et des baptisés ?).
   -  on a tendance à vouloir diminuer les Messes en semaine, pour les remplacer par exemple par une lecture de la Bible, alors 
     qu'avant la Messe était obligatoire tous les jours dans chaque paroisse.
   - la communion se donne dans la main, alors qu'avant, c'était un sacrilège de toucher le Saint Sacrement et même le calice.
   - on la reçoit debout ou assis, alors qu'avant, on la recevait à genoux avec une génuflexion avant et après.
   - tous, hommes et femmes, peuvent Le toucher et Le distribuer, alors qu'avant c'était réservé au prêtre ou au diacre.
   - on n'utilise plus le plateau, et donc, les Fragments sont semés par terre et ainsi, foulés aux pieds et jetés aux balayures. 
     (Lucifer doit bien envier ce péché qu'il ne peut pas commettre !).
   - on jette l'eau des ablutions après la communion (lorsqu'on fait encore les ablutions !), alors qu'avant, le prêtre, après s'être 
     lavé les doigts avec le vin et l'eau sur le calice, buvait le tout.
   - suppression à peu près générale du salut du Saint Sacrement.

sur ces points, les prêtres dévots se trouvent obligés à combattre continuellement contre ces perversions inhérentes à ces nouveautés, ou alors ils doivent s'y soumettre contre leur conscience.

Autres phénomènes concomitants :
 - dans les années 70, environ cent mille prêtres ont abandonné le sacerdoce, et non pas pour des motifs futiles ou vulgaires, 
   mais à cause d'une crise religieuse et d'identité. Sans parler du tourment et des souffrances de ceux qui sont restés à leur 
   poste. Si une doctrine (sur la Messe et sur le sacerdoce) t'a été enseignée comme vraie et tout d'un coup on te la déclare 
   erronée, il est clair que tu fiches tout en l'air !
 - il y a une prohibition haineuse et des persécutions parfois féroces contre le rite catholique, comme s'il y avait une terreur 
   sacrée, une antipathie viscérale inexplicable, une haine surnaturelle (ou préternaturelle ?) seulement à y penser. (Luther n'est 
   pas loin !)
 - pour la première fois dans l'histoire, les réformes des ordres religieux n'ont pas été faites en vue d'un retour à la rigueur des 
   fondateurs, mais pour une adaptation et une ouverture plus grande à la mentalité du monde dont les religieux étaient 
   détachés; le tout a été étrangement organisé par les Supérieurs Majeurs, alors que s'insinue le soupçon, le mépris, la 
   marginalisation envers les religieux qui ont voulu maintenir leur fidélité à l'habit, à leurs vœux et règles religieuses.
 - les prêtres et beaucoup de religieux se sont laïcisés (habit, style de vie).
 - les laïcs se sont introduits dans le clergé, avec les diacres permanents mariés.
 - les séminaires et noviciats ferment et s'adaptent au monde.
 - toujours plus, les 'catholiques' s'en remettent aux soi-disant communautés ecclésiales, fondées par des maître douteux, des 
   espèces de gourous, formant ainsi des ghettos de séparés, supérieurs au commun des fidèles, avec leurs rites fleuris et 
   multicolores et leur hiérarchie.
 - variations infinies en ce qui concerne le dogme, la morale, la Sainte Ecriture, la liturgie…
 - parmi les fidèles se fait jour l'idée que toutes les religions sont bonnes, pourvu que l'homme soit bon.

Les plaies sont innombrables, la confusion est totale, l'Église est une tour de Babel.

Et alors, il est nécessaire de revenir à l'âme de l'Église, la Sainte Messe authentique, non réformée, en attendant des temps meilleurs !

Vu que selon l'adage latin : « Lex orandi, lex credendi » (la loi de la prière établit la loi de la foi, c'est à dire : comme on prie, ainsi on croit), de la Sainte Messe catholique naît la vraie foi catholique nécessaire au salut.
La sainte Messe n'est pas une invention du pape saint Pie V, mais le rétablissement de la Messe romaine antique dont on a supprimé quelques rajoutes survenues au cours des siècles. En somme, c'est le rite romain antique ramené à son antique simplicité. Et au bout de six mois seulement, il fut rendu obligatoire dans tout le monde catholique, jusqu'à la fin du monde, avec des menaces pour qui oserait le retoucher.
Ce n'est pas le cas de la nouvelle Messe, qui au bout de trente ans, est encore en phase de recherche et de modifications, sujette aux caprices du 'président' ou des experts de service.
Lesquels ne savent pas ce qu'ils veulent ni où ils vont, et cependant ils se sentent infaillibles et investis de pouvoirs absolus, d'un autorité draconienne. Pleins de science, de compétence, c'est eux qui savent tout !

« Orgueil est sans aucun doute cette confiance en soi-même par laquelle ils s'érigent en règle universelle. Orgueil cette gloriole qui les possède et les incite à dire, hautains et pleins d'eux-mêmes : nous ne sommes pas comme le reste de l'humanité ! Eux qui, en effet, pour ne pas être mis en confrontation avec les autres, se lancent dans les plus absurdes nouveautés… » (saint Pie X).

« Il y aura un temps où ils ne supporteront plus  la  saine  doctrine,  mais   selon  leurs  propres passions, par démangeaison de nouveautés, ils se donneront une foule de maîtres ; mais ils retireront l'oreille de la vérité pour se retourner vers des fables » (2 Tim. 4, 3-4).

«Si le sel s'affadit… il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens.» (Mt 5.13).    

« VOS AUTEM, RESISTITE FORTES IN FIDE »
 (I Petr. 5,9)




 
 

TROISIÈME  LETTRE  

HOC EST CORPUS MEUM
HIC EST CALIX SANGUINIS MEI

Ces paroles de la consécration sont le sommet d'un itinéraire en montée qui part de l'offrande de la Victime (Victime immaculée, Calice du salut) et sa préparation, pour aboutir à son immolation pour les péchés du monde.
Cet itinéraire, composé de textes et de rites, a été établi par l'Église au cours des siècles, jusqu'à sa dernière et parfaire rédaction voulue par le Concile de Trente.
Le résultat de ces siècles de recherche et d'ajustement est donc un texte précis, ciselé, apte à exprimer le dogme catholique et la réalité de la Sainte Messe.
A tel point que le 14 juillet 1570, saint Pie V put promulguer le Missel de façon définitive par un Bulle dogmatique (Quo primum tempore) qui en établissait pour toujours le contenu.

« C'est pourquoi…nous ordonnons que dans les églises de toutes les provinces du monde chrétien…à l'avenir et sans limite de temps, la Messe…ne pourra être chantée ou récitée d'une autre façon que celle prescrite par l'ordonnance du Missel que Nous avons publié. »
« Nous décrétons et déclarons que les présentes lettres en aucun temps ne pourront être révoquées ou diminuées, mais stables toujours et valides, elles devront persévérer dans leur vigueur ».
« Que personne donc, et en aucune manière, ne se permette avec une audace téméraire, de violer et transgresser Notre document : faculté, statut, ordonnance, mandat, précepte, concession, indult, déclaration, volonté, décret et inhibition. Si quelqu'un a l'audace d'y attenter, qu'il sache qu'il encourra l'indignation de Dieu Tout-Puissant et de ses bienheureux Apôtre Pierre et Paul. »
Les textes et les rubriques obligeaient 'sub gravi', c'est à dire qu'au prêtre n'était pas concédée la plus petite empreinte personnelle par des variations, et cela, pour toujours. On avait trouvé la formule parfaite et définitive par laquelle, à travers la prière officielle de l'Église, s'exprimait la foi de l'Église.
L'Église, prudemment, se méfiait de la fragilité humaine et donc, imposait un parcours sûr, 
 pour arriver à l'accomplissement valide et efficace du rite. (Qu'on se souvienne que les deux plus grands miracles eucharistiques, Lanciano e Bolsena, où l'Hostie s'est changée en chair et le vin en sang, se sont produits entre les mains de prêtres qui n'y croyaient pas).  En dehors de ce parcours, le rite n'était pas valide. Par exemple, les paroles de la consécration prononcées toutes seules, ne peuvent pas être valides, car ce ne sont pas des paroles magiques en l'air, mais elles sont valides uniquement si le prêtre a parcouru l'itinéraire voulu par l'Église, avec l'intention d'arriver à l'immolation de la Victime selon la volonté de l'Église. (On ne conteste pas la valeur des seules paroles de la consécration prononcées dans des cas extrêmes). Et toutes les générations humaines devaient passer à travers ce rite parfait du sacrifice de la Croix pour être purifiées de leurs péchés et être promues à l'éternité bienheureuse.

Avec la réforme, en changeant la prière, on a forcément changé la foi et deux faits en sont la démonstration :
    - la nouvelle Messe a été composée avec le con-cours effectif de six théologiens protestants (doct. Georges, chanoine 
      Jasper, doct. Sephard, doct. Konneth, doct. Smith, le frère Max Thurian)
    - Ils ont exprimé leur pleine satisfaction pour ce rite admissible également pour les communautés protestantes, donc, 
      non plus catholique. Alors qu'auparavant, la Messe était la pire 'abomination', aujourd'hui, pour les protestants 
      (Luthériens, anglicans, calvinistes), la Messe ne présente plus d'obstacle à la communion, non pas parce qu'ils ont accepté 
      notre foi, mais bien parce que la foi catholique a été altérée.

C'est tout de même le comble, absolument, que nous les catholiques, nous ayons demandé cette 'grâce' à des hérétiques, sortis de l'Église il y a quatre siècles, justement des négateurs du Sacrifice propitiatoire, ignorants de notre foi, Églises mortes car sans sacrements, surtout l'Eucharistie, Pain de vie éternelle, sans vérité, sans doctrine, de nous composer une Messe catholique !
Absurde, dans l'absolu, tellement est claire leur incapacité et leur incompétence à créer un culte juste, agréable à Dieu.

Nous avons demandé de composer notre Messe à des gens qui n'y croient pas.
Autant demander à un aveugle de nous guider sur un dangereux sentier de montagne, ou de conduire une auto sur une artère à grande circulation, ou bien à un analphabète de nous enseigner le grec, ou bien démonter un échafau-dage parfait pour le faire remonter par des gens qui n'en utilisent que quelques éléments au hasard.
Imaginez-vous les musulmans demander aux juifs de composer les cérémonies de la mosquée ?

Hé bien, comment pouvons-nous nous fier de personnes sans doctrine, sans règles morales précises, abandonnées à leur libre examen, des étrangers, haïsseurs de l'Église, enchevêtrement inextricable de confusion spirituelle, parjures de la foi de leurs ancêtres antécédents à la réforme ?
Je n'affirme rien de gratuit : par expérience d'œcuménisme (trois ans très prenants), je puis affirmer que le protestantisme est une entreprise de démolition. Avec lui, aucun dialogue n'est possible parce qu'il leur manque les bases doctrinales sur lesquelles fonder un point de départ pour le dialogue. De quoi pouvons-nous parler, lorsque eux mêmes ne savent pas ce qu'ils croient ? J'ai constaté leur haine quand, la Bible en main, on leur démontrait la justesse des positions catholiques. Avec les orthodoxes, c'était tout différent : amour, sincérité et sérieux dans la recherche de la vérité.

Un exemple : une conférence des ministres du monothéisme. Chacun a parlé avec clarté de sa propre religion, sauf le protestant auquel, à la fin comme profession de foi fondamentale, j'ai demandé s'il croyait en la divinité du Christ. Il y croyait. Je lui ai alors demandé si les réformés qui la nient, étaient pour lui comme des frères séparés. « Non ? m'a-t-il répondu ? je vais également chez eux célébrer le culte, nous sommes tous des frères réformés. » Je lui dis :  « Alors croire ou ne pas croire en la Sainte Trinité, pour vous c'est indifférent, donc, être protestant signifie croire n'importe quoi ! » Il s'en alla avec un haussement d'épaules. C'était le Président du Consistoire Calviniste français.
'Bonum ex integra causa, malum ex uno defectu'. Figurez-vous où en sont ces négateurs du donné révélé. Quant à la Messe, une seule virgule acceptée par suggestion des protestants, était déjà une lésion du rite, ce malum ex uno defectu.
 Ceci est la plus grande des malhonnêtetés envers Dieu, envers la vérité et envers les âmes. On a cherché un compromis dans la confusion pour promouvoir des sympathies terrestres. On a appelé charité œcuménique ce qui est trahison de l'Église catholique. On a suffoqué la Vérité dans la boue du compromis. Les protestants, habitués à croire  ce qui leur plaît, se sont trouvés à leur aise, pataugeant allègrement dans les textes néo-catholiques.
 Après avoir vécu dans la confusion depuis des siècles, ils ont certainement été satisfaits de mener l'Église catholique dans leur mentalité, quoique avec quatre siècles de retard, après tant de conflits de paroles et de sang (je dis 'mentalité', car, en ce qui les concerne, étant absente en eux la foi et l'obéissance à la Vérité révélée, on ne peut certainement pas parler de religion, mais seulement d'une pensée vague, fluctuante, incertaine, uniquement moralisante, qui passe du rigorisme à l'indifférentisme, le tout étant de toute manière, seulement et uniquement création humaine).

« Personne ne vient à moi, si le Père ne l'appelle pas.» C'est à dire : la connaissance de la vérité ne dépend pas de la capacité humaine, mais d'une révélation gratuite venue d'en haut : « ce n'est pas la chair ni le sang qui te l'ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux ». Quiconque nie la vérité révélée, n'est  donc pas appelé par le Père et se trouve forcément condamné à inventer et à errer sans fin et sans but jusqu'à s'épuiser dans l'athéisme.
Le Concile Œcuménique des Églises (CEC) avait justement été créé pour arrêter le fractionnement infini des théories réformées, dans la tentative désespérée de faire un accord sur quelques éléments communs à retenir pour conserver encore une apparence chrétienne.
A ce marasme dramatique, il était défendu à l'Église catholique de participer, car elle, au contraire, lumineuse et florissante, était appuyée sur trois colonnes : la doctrine révélée, les saints Sacrements et le Vicaire ; ce dernier, chargé de surveiller d'un œil avisé et compétent (infaillibilité) que le dépôt fût conservé et transmis intégralement, étant chose céleste.

Pour ce qui est des protestants, on souhaitait pour eux, un heureux retour au bercail si divinement alimenté aux pâturages eucharistiques. On regardait avec une profonde pitié ces âmes errantes et malades, depuis des siècles privées de la Nourriture de vie éternelle.
Jamais on n'aurait songé les rejoindre dans leur mort, en pensant leur faire du bien et leur vouloir du bien.
Et pourtant voilà le spectacle si douloureux : à eux, les négateurs du dogme, les blasphémateurs du Sacrifice perpétuel (je déclare que tous les lupanars, les homicides, les assassinats et les adultères sont moins mauvais que cette abomination qu'est la Messe des papes), les méprisants de  l'Église catholique (Luther l'appelait 'la putain'), les haïsseurs du pape (« Qui ne s'oppose pas de tout son cœur à la papauté ne peut atteindre l'éternelle félicité »), à eux, dis-je, a été confiée la tâche de créer un rite liturgique acceptable pour eux, soit dans l'ensemble, soit dans les détails, comme cela fut écrit de la part des responsables catholiques, rendu obligatoire pour toute l'Église catholique, rite que moi, prêtre catholique, je serais tenu de célébrer !

Voilà l'origine de l'anarchie liturgique et des abus signalés plus haut : nous sommes devenus nous aussi protestants, c'est à dire inventeurs de nos rites sans plus aucune certitude.

Mais à ce moment-là, étant changé le parcours canonisé pour toujours par l'Église, la Messe est-elle encore valide ? Arrivons-nous encore au sommet de l'itinéraire par cette voie de traverse qu'est le texte réformé par les Réformés ?
Avec quelle joie les Protestants ont-ils pu ainsi prendre par la main ces « gamins de catholiques ! » en retard de quatre siècles pour les faire enfin aborder à la liberté de pensée, à la liberté religieuse, à l'âge adulte de celui qui se découvre autonome et en mesure de gérer sa propre vie sans plus aucune référence à une Autorité supérieure ! Voilà l'anarchie liturgique, dogmatique, morale : le protestantisme dans l'Église !

Quand aux auteurs du nouveau rite, je crois que la sentence de l'Église est plus qu'une excommunication : en effet, l'excommunication peut être abusive et donc invalide. Par le passé, papes et patriarches se les expédiaient sans ménagement. Le dernier et unique cas de l'Église actuelle qui a enlevé les excommunications à toutes les espèces de chrétiens, hérétiques et schismati-ques, est celui de l'excommunication de Mgr. Lefèbvre, excommunication démentie par la suite dans une fameuse thèse de doctorat en Droit Canon, soutenue et approuvée 'summa cum laude' à l'Université Grégorienne en 1995.

Il est donc clair que l'Église n'est pas infaillible dans l'application des sanctions canoniques et la preuve en est cette annulation des excommuni-cations prononcées dans le passé contre les orthodoxes et les protestants. (L'œcuménisme peut tout !).

Au contraire, dans la bulle 'Quo primum tempore', il semble bien que saint Pie V ait engagé aussi le jugement de Dieu et de la Hiérarchie triomphante : « Que personne donc, et en aucune manière, ne se permette avec une audace téméraire, de violer et de transgresser Notre document… Si quelqu'un aura l'audace de s'y hasarder, qu'il sache qu'il encourra l'indignation de Dieu Tout-Puissant et de ses bienheureux Apôtres Pierre et Paul ! »

Donc la bulle est plus qu'une canonisation du rite et plus qu'une excommunication pour les transgresseurs : alors que l'excommunication n'engage pas le jugement de Dieu, mais uniquement la société ecclésiale terrestre, ces termes engagent également les décrets divins éternels.

« La réforme liturgique, celle voulue Paul VI et réalisée avec la contribution et la satisfaction de théologiens protestants, a produit des dommages extrêmement graves pour la foi » (Card. Ratzinger).




Rev. Padre Louis Demornex
Via della Parrocchia
81037 Fontanaradina di Sessa Aurunca (CE) - Italie
tel. 0039/0823/70.51.13



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Rome : une stratégie du chaos sur fond de scandales - Riposte-catholique

Rome : une stratégie du chaos sur fond de scandales - Riposte-catholique

Rome : une stratégie du chaos sur fond de scandales

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Après la lamentable affaire Krzysztof Charamsa, ce Monsignore polonais, secrétaire adjoint de la Commission théologique internationale, qui annonça publiquement son homosexualité, en 2015, à la veille du Synode sur la Famille, la Curie croyait avoir bu le calice de fiel jusqu'à la lie. Que nenni !

Orgie dans les palais apostoliques…

Voici que Monsignore Luigi Capozzi, du diocèse de Palestrina, secrétaire du cardinal Francesco Coccopalmerio, président du Conseil pour les textes législatifs, soutien fervent du pape François, a été arrêté en flagrant délit, lors d'une opération éclair de la gendarmerie vaticane qui est "tombée" sur une orgie homosexuelle. C'était il y a deux mois environ, mais l'affaire fut tenue très secrète. Et cela se passa dans l'austère palais du Saint-Office ! Car c'est là que se trouvait l'appartement de fonction de don Luigi, qui lui servait à organiser des soirées gays à base de drogue. Cependant qu'il utilisait sa BMW, préservée des contrôles policiers par son immatriculation SCV de l'État du Vatican, pour transporter de la poudre blanche. Et pour faire bonne mesure, on apprend que ce Monsignore, fort bien en cour à Santa Marta, était à la veille d'être nommé évêque sur la recommandation de Coccopalmerio. Du coup, les déclarations de Coccopalmerio, à propos des « aspects positifs » de couples homosexuels (site Rossoporpora, 23 octobre 2014) acquièrent aujourd'hui une étrange résonnance. On croit rêver : en plus minable, la Rome d'aujourd'hui semble être tombée plus bas que la Rome des Borgia.

Pell en Australie, pagaille à Rome…

Même si cette affaire alourdit considérablement le climat curial, on se gardera de mettre sur le même plan l'affaire du cardinal Pell (voir ici et ), mis en examen en Australie sur des accusations de pédophilie, dont il nie farouchement la véracité. Selon les usages désormais en vigueur dans les bureaux de l'administration pontificale, avec règlements de compte où tout est permis, la défenestration morale du cardinal Pell, chargé de la remise aux normes des finances des diverses instances financières vaticanes, peu de temps après la démission de Libero Milone, auditeur général des finances, est pour le moins étrange. À vrai dire, les enjeux, les mécanismes, les manœuvres, concernant l'IOR (la banque vaticane), l'APSA (Administration du Patrimoine du Siège Apostolique), et autres, sont devenus incompréhensibles depuis 2013 aux meilleurs observateurs. D'où il résulte que la fameuse réforme de la Curie du pape François n'était en réalité qu'une modification du mode de gouvernement, qui s'est personnalisé à l'extrême, usant, pour mieux régner, des divisions de coteries et des oppositions personnelles, court-circuitant en permanence les voies hiérarchiques ordinaires, méprisant les procédures juridiques au bénéfice des décisions arbitraires et de faveur. C'est une sorte d'administration par le chaos, où les hommes du pouvoir – quelli a Santa Marta – se comportent comme des chefs de clans à la barre d'une institution à la dérive, où les affaires de mœurs, contenues sous les pontificats précédents, se manifestent au grand jour.

Humanæ vitæ : vers une révision ?

Mais là n'est pas le pire. Le pire aujourd'hui concerne la doctrine. Quelli a Santa Marta organisent l'alignement sur la ligne d'Amoris lætitia de tous les organismes représentant la voix morale de l'Église : le Conseil pour la Famille, l'Institut Jean-Paul II pour la Famille, l'Académie Pontificale pour la Vie. Avec une opération très bien organisée, malgré tous les démentis jusqu'au plus haut niveau, d'une « réinterprétation » de l'encyclique Humanæ vitæ, sous la houlette du cardinal Lorenzo Baldisseri, un des hommes de toute confiance du pontificat, organisateur des synodes qui ont préparé la révolution d'Amoris lætitia, et de l'incontournable Mgr Vincenzo Paglia, président de l'Académie Pontificale pour la Vie et grand-chancelier de l'Institut Jean-Paul II (le même Paglia qui, évêque de Terni, avait fait réaliser dans sa cathédrale, par un Michel Ange de pacotille, une immense fresque aux motifs masculins malsains, dans laquelle il s'était fait représenter). Le « groupe de travail » qu'ils ont constitué, et dont les principaux membres sont connus, s'est déjà mis à l'œuvre. Nous y reviendrons.

La concélébration "obligatoire" ?

Le pire touche aussi à la liturgie. Un autre « groupe de travail », dépendant de la Congrégation pour le clergé, dirigé par cet autre potentat qu'est le cardinal Beniamino Stella, a envoyé sur un document à en-tête de la Congrégation destiné à tous les collèges romains accueillant des séminaristes ou des prêtres qui résident à Rome pour études. Faisant fi du canon 902, qui laisse pleine liberté à tout prêtre de ne pas concélébrer (comme le faisait d'ailleurs le n. 47 de l'Instruction de 1967, Eucharisticum mysterium, pour les « communautés de prêtres »), le document demande aux recteurs de ces collèges que la concélébration soit toujours préférée à la célébration individuelle. Ce n'est pas une obligation formelle – qui serait impossible à formuler – mais une lourde pression morale, en fait un ordre pour qui connaît le langage de l'actuelle Curie ou aucun débat n'est toléré, en direction des supérieurs de maison, pour qu'à leur tour ces derniers fassent une intense pression morale sur leurs sujets. En clair, comme le cas s'est déjà produit, si tel prêtre ne concélèbre pas, il sera dénoncé à son évêque et prié d'aller chercher un logis ailleurs.

Ce document fait dire au canon 902 et aux nn. 199-201 de la dernière version de l'Instruction Générale du Missel Romain de 2000-2004 ce qu'ils ne disent pas. Jamais le canon 902 n'empêche les célébrations individuelles, même simultanées dans la même église ou le même oratoire. Jamais l'Instruction générale, nn. 200-201, ne recommande la concélébration pour les collèges, se limitant à dire qu'elle ne doit pas être empêchée. On est en plein régime idéologique. Quelli a Santa Marta visent ces jeunes prêtres classiques, nombreux à Rome, qui répugnent à concélébrer, certains préférant même – horresco referens – dire la messe traditionnelle. Esprits aliénés, ils doivent être contraints pour leur bien de se « libérer ». Air connu…

« Que de souillures dans l'Église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ! », s'écriait le cardinal Ratzinger, peu de temps avant de devenir pape, lors du chemin de Croix au Colisée du Vendredi Saint de 2005. Dans la suite du propos, il faisait allusion à l'eucharistie que ces prêtres continuaient à célébrer et à la confession, que sans doute ils ne fréquentaient plus. « La crainte de Dieu a disparu », disait encore le cardinal. Les mœurs infâmes de certains prélats ne sont que le symptôme d'une bien plus grave dérive : ce sont des parties entières d'une administration qui semble désormais avoir perdu toute boussole doctrinale.

El Matrimonio natural y el Matrimonio sacramento

El Matrimonio natural y el Matrimonio sacramento

El Matrimonio natural y el Matrimonio sacramento

Decíamos en el artículo anterior, que el Matrimonio  no fue instituido por los hombres, sino por Dios (Gen 1 y 2; DS 3700). El Matrimonio, como institución natural, es de origen divino. Dios creó a los hombres varón y hembra (Gen 1:27) y depositó en la misma naturaleza humana el instinto de procreación. Dios bendijo a la primera pareja humana y les dijo que se multiplicasen: "Procread y multiplicaos, y henchid la tierra" (Gen 1:28).

A raíz del Pecado Original, la naturaleza humana quedó dañada y la concupiscencia se encargó de oscurecer los preceptos divinos y endurecer el corazón del hombre. Poco tiempo después vemos cómo los hombres fueron adquiriendo malas costumbres: poligamia, divorcio…

El Pueblo Elegido, movido por los profetas, y principalmente después del Exilio Babilónico, fue redescubriendo la monogamia y la fidelidad matrimonial.

Es Cristo quien devuelve la institución matrimonial a las propiedades que tenía en su origen (unidad e indisolubilidad); y además, lo eleva al grado de sacramento para los bautizados.

1.- El Matrimonio desde el fin de la época apostólica hasta nuestros días

Pronto, las sectas gnóstico-maniqueas de la Antigüedad y de la Edad Media negaron el origen divino del Matrimonio. Partiendo de la doctrina dualista según la cual la materia es la sede del mal, rechazaron el Matrimonio calificándolo de fuente de mal.

Los Santos Padres, de modo especial, San Agustín, aprovecharon esa circunstancia para dar una doctrina clara y profunda sobre el Matrimonio. Es San Agustín (s. V) quien defiende la enseñanza de la Iglesia frente a la doctrina de los maniqueos[1], Joviniano[2] y los pelagianos[3] en el área del Matrimonio. San Agustín, asimila, resume y expresa las enseñanzas de la tradición patrística anterior a él y su síntesis tuvo la máxima importancia e influjo hasta el s. XVI; e incluso hasta nuestros días. Es también original de él su enseñanza sobre los tres bienes del Matrimonio: la prole, la fidelidad y la sacramentalidad.

El Magisterio de la Iglesia, en sucesivos concilios y documentos, irá precisando toda la doctrina en torno al Matrimonio, saliendo así al paso de los numerosos errores y herejías. De entre ellos destaquemos sólo algunos de ellos: Concilio II de Letrán (a. 1139)(DS 718); Concilio (particular) de Verona (a. 1184)(DS 761); Concilio II de Lyón (a. 1274)(DS 860), Concilio de Trento (DS 1813-1816) y posteriores concilios y documentos papales.

La legislación actual de la Iglesia sobre el Matrimonio está recogida en el Código de Derecho canónico (a. 1983) (todo el Título VII, cc. 1055-1165) y que iremos desgranando en los siguientes artículos.

2.- El Matrimonio como contrato e institución natural

El Matrimonio es una sociedad que se constituye por la unión marital del hombre y de la mujer, contraída entre personas legítimas, y que lleva a mantener una íntima costumbre de vida, permanente y monógama.

El carácter de sociedad propio del Matrimonio como institución natural es uno de los rasgos esenciales que lo constituyen; y, como toda sociedad, está dotado de características y fines propios que lo configuran y especifican de tal manera que, si éstos faltasen, dejaría de tener sentido hablar de semejante sociedad. Esas características esenciales son: la unión permanente entre un hombre y una mujer ordenada a unos fines comunes; procreación y educación de los hijos en primer lugar y, secundariamente, a la ayuda mutua y remedio de la concupiscencia.

Todo ello es consecuencia de un libre pacto por el que ambos cónyuges hacen mutua donación del derecho sobre el propio cuerpo en orden a los actos requeridos para procrear. Donde falten esos elementos esenciales no podrá hablarse de verdadero Matrimonio (natural).

Es posible distinguir así en el Matrimonio, como institución natural, las relaciones específicas que surgen entre marido y mujer (sociedad o comunidad conyugal), y el pacto que da lugar al nacimiento de esas relaciones. El pacto o contrato es propiamente causa del vínculo, de la unión, y recibe el nombre de Matrimonio in fieri, reservándose para el vínculo la denominación de Matrimonio in facto. El pacto lo hacen los esposos a través de su "SÍ" y el vínculo lo crea Dios cuando recibe el sí de los esposos.

Según nos enseña Santo Tomás de Aquino, la esencia del Matrimonio reside en el vínculo que nace al prestar los cónyuges el mutuo y libre consentimiento[4]. Éste ha de realizarse con unas características propias, de tal forma que sólo así los actos a los que se ordena serán moralmente lícitos.

El Matrimonio como institución natural implica un convenio específico entre un hombre y una mujer, que "lo hace totalmente diverso no sólo de los ayuntamientos animales realizados por el solo instinto ciego de la naturaleza, sin razón ni voluntad deliberada alguna, sino también de aquellas inconstantes uniones de los hombres, que carecen de todo vínculo verdadero y honesto de las voluntades y están destituidas de todo derecho a la convivencia doméstica"[5] . El Matrimonio se especifica, pues, por la absoluta unidad del vínculo, contraído por libre voluntad, de modo indisoluble, y ordenado a la procreación.

De ahí, por tanto, que como institución natural pueda hablarse de verdadero Matrimonio cuando concurren las características mencionadas y que se considere legítimo y verdadero Matrimonio el contraído también entre infieles (no bautizados), siempre que se salven las propiedades esenciales del mismo.[6]

Cada Matrimonio particular, en cuanto es unión conyugal entre un hombre determinado y una determinada mujer, no se realiza sin el libre consentimiento de uno y de otro esposo… Esta libertad, sin embargo, sólo tiene por fin que conste si los contrayentes quieran o no contraer Matrimonio y con esta persona precisamente; pero la naturaleza del Matrimonio está totalmente sustraída a la libertad del hombre, de suerte que, una vez se ha contraído, está el hombre sujeto a sus leyes divinas y a sus propiedades esenciales.

En la Encíclica Casti connubii (a. 1930) de Pío XI se dice:

"El Matrimonio tiene solamente lugar a través del libre consentimiento de ambos contrayentes". Objeto de esta unión de voluntades, que "no puede ser sustituida por ningún poder humano", es, con todo, solamente esto: "que los contrayentes quieran o no contraer realmente Matrimonio, y, a decir verdad, con una determinada persona". Por otra parte, la naturaleza del Matrimonio "está completamente sustraída al capricho de los contrayentes, de modo que quien haya contraído una vez Matrimonio se someta a las leyes divinas y a la naturaleza intrínseca del mismo" (Cfr. DS 3700).

Mientras otros contratos están sujetos al libre convenio de los contrayentes, el contrato matrimonial está determinado en su contenido por su misma naturaleza, es decir, por Dios mismo. La celebración del Matrimonio en la forma contractual de modo que cree una obligación ante Dios y ante los hombres es una exigencia del orden social y, al mismo tiempo, una manifestación del amor conyugal, que se expresa a través del juramento santo como unidad, indisolubilidad y exclusividad.

2.1 Desviaciones del Matrimonio natural y respuesta del Magisterio

Las normas propias constitutivas de la institución matrimonial y, por tanto, su origen, como el de todo el orden natural, sólo cabe encontrarlo en Dios. Toda concepción positivista a este respecto es arena movediza, por carecer del fundamento apropiado: sería un contrasentido establecer unos principios primeros (origen del Matrimonio en usos sociales, consecuencia del evolucionismo, etc.), haciendo violencia a la realidad previa de la condición de criatura propia del hombre (exigencias naturales dimanantes de su estructura ontológica y, por tanto, del orden querido por Dios). Incluso desde un punto de vista histórico, primero es el hombre y, en función de él, la familia y la sociedad.

Previamente hemos visto las primeras reacciones de los Santos Padres y de la Escolástica frente a aquellas "filosofías" y "teologías" que negaban las propiedades esenciales del Matrimonio. Veamos ahora lo que ocurrió a partir del s. XVII

El liberalismo individualista de fines del s. XVII empezó a disentir enérgicamente del convencimiento, general en todos los pueblos y en todos los tiempos, de que existen instituciones sociales de naturaleza anterior al convenio humano.

El Dictionnaire philosophique, fundado por Voltaire (s. XVIII), de mentalidad racionalista y masónica, designó el Matrimonio como "un simple contrato entre ciudadanos" que podía ser en todo tiempo disuelto, sin que necesitase de otro motivo que el de la expresa voluntad de los esposos.

Igualmente el decreto de la Revolución francesa de 20 sept. 1792 dio una interpretación individualista del Matrimonio: "Un lazo indisoluble" destruye "la libertad individual"; por lo mismo, se le concede al esposo la declaración de divorcio, aduciendo como motivo exclusivo la falta de la armonía de intereses característica del Matrimonio. Durante largo tiempo se quiso suprimir el código jurídico de la Revolución francesa de 1789 al 1804 por tratarse de "un derecho de transición, de corta vida"; pero sus efectos se dejan notar de modo manifiesto en el derecho matrimonial hasta nuestros días.

Aun cuando el individualismo liberal despojó al Matrimonio de sus propiedades esenciales, tuvo que confesar que las relaciones entre el hombre y la mujer no podían dejarse al puro capricho. Así se comprende que el Estado exigiera para sí la prerrogativa sobre el Matrimonio y la familia y la facultad de fijar el derecho matrimonial y someterlo a sus leyes.

Es digno de notar que el emperador de la casa de Augsburgo, José II (s. XVIII), bajo el influjo del Enciclopedismo, declarara en el decreto oficial sobre el Matrimonio de 16 enero 1783 que "el Matrimonio debía considerarse como contrato civil" y "que recibía su naturaleza, valor jurídico y finalidad, única y exclusivamente de nuestras leyes nacionales". Esta concepción encontró cada vez más amplia difusión en los siglos XIX y XX.

El Magisterio de la Iglesia siempre mantuvo su posición original frente a todo intento de relativizar el Matrimonio o de entregar al poder estatal parte alguna esencial del mismo. León XIII escribió en la Encíclica Rerum novarum (n. 9):

"Ninguna ley humana puede limitar la finalidad principal del Matrimonio, que fue fijada por la autoridad de Dios al principio de la historia del género humano"; el Matrimonio "es anterior al Estado; por ello tiene determinados y peculiares derechos y obligaciones que no dependen en nada del Estado"

Muchas personas, en la sociedad industrializada, quieren colocar su anhelo de felicidad individual y subjetiva sin tener en cuenta el orden querido por Dios. Sobre todo, la indisolubilidad del Matrimonio es, para muchos, piedra de escándalo. René Savatier escribe, con razón, que el divorcio, del cual se prometía "la mitigación de los sufrimientos del Matrimonio, produjo, por el contrario, un aumento de esas amarguras"; todo divorcio "es la dolorosa bancarrota de todo un capital de sueños apasionadamente queridos". Y Joseph Bernhart añade: "La retirada deja a las partes interesadas como objetos usados y no como hombres íntegros". Tendría consecuencias insospechables capitular ante la conducta de una gran parte de la población y convertir la opinión y las circunstancias mudables en norma última de virtud.

La jurisprudencia debe partir de que "los preceptos que fijan y garantizan fundamentalmente las relaciones sexuales y la vida comunitaria de marido y mujer -y a través de ellas, y simultáneamente, garantizan el orden debido en el Matrimonio, y últimamente el orden social- son normas derivadas de la ley natural y no simples leyes convencionales sometidas al cambiante capricho de algunos grupos sociales"

En la actualidad, se suelen organizar encuestas en los Estados Unidos y en Europa para conocer la opinión de la gente en el terreno matrimonial, sexual, con el fin de poner como norma de conducta el "se piensa",  y llegar así a un relativismo sociológico, moral y legal. Con ello, se intenta elevar a la categoría de norma moral el comportamiento medio del hombre.

Ante todo lo dicho, debemos concluir que hay tres características esenciales para la validez del Matrimonio y que, por lo mismo, deben ser incluidas en "SÍ" de los esposos:

  • la ordenación a la procreación de nuevas vidas;
  • la dualidad de hombre y mujer;
  • y la indisolubilidad.

En el caso de que las leyes civiles determinen otra cosa, valen para los cristianos las palabras de S. Juan Crisóstomo:

"No me cites las leyes que han sido dictadas por los de afuera… Dios no nos juzgará en el día del juicio por aquellas leyes, sino por las leyes que El mismo ha dado".[7]

3.- Sacramentalidad del Matrimonio

La institución natural fue elevada por Cristo a la dignidad de sacramento, sin que sus elementos básicos se modificaran. "Cristo Señor elevó el Matrimonio a la dignidad de sacramento, y juntamente hizo que los cónyuges, protegidos y defendidos por la gracia celestial que los méritos de Él produjeron, alcanzasen la santidad en el mismo Matrimonio"[8].

Permanecen, pues, intactos los principios esenciales que convienen al Matrimonio como institución natural, pero el carácter sacramental del Matrimonio cristiano eleva, en virtud de la gracia, la misma institución confiriendo a los esposos esa ayuda sobrenatural en orden a la santidad dentro de su nuevo estado

Cristo restauró el Matrimonio instituido y bendecido por Dios haciendo que recobrase su primitivo ideal de unidad e indisolubilidad (Mt 19:3 ss) y elevándolo a la dignidad de sacramento.

Contra los Reformadores que negaban la sacramentalidad del Matrimonio considerándolo como cosa exterior y mundana (Lutero), el concilio de Trento hizo la siguiente declaración:

"Si quis dixerit matrimonium non esse vere et proprie unum ex septem Legis evangelicae sacramentis, a Christo Domino institutum, sed ab hominibus in Ecclesia inventum, neque gratiam conferre. Anatema sit" (DS 1801).[9]

Hagamos un resumen o compendio de la doctrina de la sacramentalidad del Matrimonio para los bautizados.

  • Todo cuanto integra el Matrimonio se encuentra radicalmente potenciado por la gracia, que perfecciona el amor natural entre los esposos, confirma su indisoluble unidad y los santifica[10].
  • Por voluntad de Cristo, el mismo consentimiento conyugal entre los fieles ha sido constituido signo de la gracia y de ahí que "la razón de sacramento se une tan íntimamente con el Matrimonio, que no puede darse Matrimonio verdadero alguno entre bautizados sin que sea, por el mero hecho, sacramento".[11]
  • El Matrimonio cristiano es sacramentum magnum (Ef 5:32), por los efectos y exigencias sobrenaturales que entraña, y por significar de modo particular la perfectísima e indisoluble unión entre Cristo y su Iglesia[12].
  • Por eso, si un bautizado se casara excluyendo el sacramento, es decir, contrajese solamente el llamado Matrimonio civil, tal unión no sería sino un concubinato. De ahí que la Iglesia haya reprobado siempre, entre los bautizados, ese tipo de unión:

"Ningún católico ignora o puede ignorar que el Matrimonio es verdadera y propiamente uno de los siete sacramentos de la ley evangélica, instituido por Cristo Señor y que, por tanto…, cualquier otra unión de hombre y mujer entre cristianos, fuera del sacramento, sea cualquiera la ley, aun la civil, en cuya virtud está hecha, no es otra cosa que torpe y pernicioso concubinato…; y, por tanto, el sacramento no puede separarse nunca del contrato conyugal"[13]

  • Sin embargo, donde está vigente el Matrimonio civil obligatorio, los bautizados pueden celebrarlo, sabiendo que no hacen otra cosa sino cumplir una ceremonia puramente legal, de orden civil. Deben recibir antes el sacramento, por el que contraen el Matrimonio; si por imposibilidad de hacerlo de otro modo, celebraran antes la ceremonia civil, no pueden cohabitar hasta que contraigan Matrimonio por la Iglesia, porque, evidentemente, hasta ese momento no son verdaderos cónyuges.[14]

 

4.- Potestad de la Iglesia sobre el Matrimonio

Frente a lo que afirmaba el Decreto de la Revolución francesa (el Estado exija para sí la prerrogativa sobre el Matrimonio y la familia y la facultad de fijar el derecho matrimonial y someterlo a sus leyes), la Iglesia afirma que posee derecho propio y exclusivo para legislar y juzgar en todas las cuestiones relativas al Matrimonio de los bautizados, en cuanto éstas conciernan al sacramento (CIC 1059).

  • Los comienzos de una legislación eclesiástica propia sobre el Matrimonio los tenemos ya en el apóstol San Pablo (1 Cor 7).
  • Desde el siglo IV algunos sínodos eclesiásticos establecen impedimentos dirimentes del Matrimonio: los sínodos de Elvira (disparidad de religión), de Neocesarea (afinidad) y el Trulano (parentesco espiritual).
  • Los emperadores cristianos reclamaron para sí el derecho de legislar sobre el Matrimonio, pero tenían en cuenta en cierto modo la mente de la Iglesia. El derecho al divorcio estaba restringido, pero, no obstante, seguía ampliamente en vigor no sólo de una manera teórica, sino también efectiva.
  • En la Alta Edad Media se fue imponiendo poco a poco la exclusiva competencia de la Iglesia en la legislación y jurisdicción matrimonial, a través de una tenaz lucha contra mentalidades ajenas al cristianismo. El fin de este proceso evolutivo lo marca el Decreto de Graciano (a. 1140).
  • El concilio de Trento definió, contra los Reformadores, que la Iglesia tenía el derecho de ampliar los impedimentos de consanguinidad y afinidad enumerados en Lev 18:6 ss, y de fijar otros impedimentos dirimentes, de dispensar de algunos (en cuanto no sean de derecho natural o derecho divino positivo) y de entender en las causas matrimoniales.
  • Sobre el canon 12 del concilio de Trento (DS 1812), el papa Pío VI dio interpretación auténtica asegurando que todas las causas matrimoniales de los bautizados son de la competencia exclusiva del tribunal eclesiástico, porque el Matrimonio cristiano es uno de los siete sacramentos de la Nueva Alianza y su administración corresponde exclusivamente a la Iglesia.
  • El mismo papa Pío VI condenó como herética la afirmación del sínodo de Pistoya (a. 1786) según la cual la Iglesia no tendría poder por derecho propio, sino únicamente en virtud de un derecho recibido de la autoridad civil para establecer impedimentos dirimentes, ni para dispensar de ellos (DS 2659).


5.- Competencia del Estado sobre el Matrimonio

El Estado tiene competencia para determinar los efectos puramente civiles que se siguen del contrato matrimonial (tales son los derechos de apellido y rango, los matrimoniales sobre los bienes de los esposos, los hereditarios) y para dirimir todos los litigios que surjan sobre los mismos (CIC 1059).

Cuando la legislación y la jurisdicción civil se entrometen en el campo de la Iglesia, ésta tiene derecho a no reconocerlas. Ella no considera el enlace civil como verdadero contrato matrimonial, sino como mera formalidad legal.

Las autoridades civiles no tienen potestad para aprobar una ley que admita el divorcio (aunque sea un Matrimonio meramente civil; incluso entre "infieles"); pues si el Matrimonio fue verdadero (ya sea entre bautizados o ya entre infieles), sólo Dios tiene potestad para disolverlo; y es su voluntad declarada en las Escrituras, que el Matrimonio como tal, sea de suyo uno e indisoluble. Y como luego nos dirá en el Génesis: "lo que Dios ha unido, que el hombre no lo separe". Los tribunales civiles sólo podrían declarar, en el caso de Matrimonio entre infieles, que el Matrimonio fue nulo; pero en ningún momento romper lo que estaba unido por Dios.

Padre Lucas Prados


[1] San Agustín, Contra Faustum Maniquaeum, PL 42,207 ss.

[2] San Agustín, De bono coniugali: PL 40,373 ss.; De sancta virginitate: PL 40,397; Retractationes, PL 32,583 ss.; Opus imperfectum contra Iulianum, PL 45,1090.

[3] San Agustín, Contra duas Epistulas Pelagianorum,  PL 44,606; De peccato originali, PL 44,404.

[4] S. Tomás de Aquino, Summa Theologica, Supl. q. 44, a. 2.

[5] Pío XI, Encíclica Casti connubii, (a. 1930), DS 3700.

[6] cfr. Inocencio III Carta Quanto te magis, 1 mayo 1199: DS 769.

[7] San Juan Crisóstomo, Aclaración a la Carta a los Corintos 7,39 ss.

[8] León XIII, Encíclica Arcanum, (a. 1880): DS 3142

[9] 1801 1 Can. 1. Si alguno dijere que el Matrimonio no es verdadera y propiamente uno de los

siete sacramentos de la Ley del Evangelio, e instituido por Cristo Señor, sino inventado por los

hombres en la Iglesia, y que no confiere la gracia, sea anatema

[10] cfr. Pío XI, Encíclica Casti connubii, DS 3713.

[11] Pío XI, Encíclica Casti connubii, DS 3713; cfr. León XIII, Encíclica Arcanum, DS 3145.

[12] cfr. Concilio de Florencia, Decreto Pro armeniis, (a. 1439), DS 1327.

[13] Pío IX, Alocución Acerbissimum, (a. 1852), DS 1640; cfr. Pío IX, Syllabus, (a. 1864), DS 2973.

[14] cfr. Instrucción de la Sagrada Penitenciaría, 15 en. 1866.

Nacido en 1956. Ordenado sacerdote en 1984. Misionero durante bastantes años en las américas. Y ahora de vuelta en mi madre patria donde resido hasta que Dios y mi obispo quieran. Pueden escribirme a lucasprados@adelantelafe.com